Prêts à aider des clandestins et à être poursuivis

Publié le par askatu

Actualité à Laval
Prêts à aider des clandestins et à être poursuivis

Les manifestants se sont attachés symboliquement pour se constituer prisonniers, à Laval comme dans 73 villes de France. : -

À l'appel d'Emmaüs, du Secours catholique, d'Éducation sans frontières, 110 personnes se sont « attachées » hier devant le palais de justice pour protester contre le délit de solidarité.

Ils ont collé sur leur vêtement un badge rouge Non au délit de solidarité ou bleu « Aidant(e), prêt(e) à être poursuivi (e) » et protestent contre la loi qui fait un délit de l'aide aux étrangers en situation irrégulière. Répondant à l'appel d'Emmaüs, du Secours catholique, du Réseau éducation sans frontières, quelque 110 manifestants se constituent symboliquement prisonniers devant le palais de justice. Et si la pluie s'invite à la manifestation, elle fait juste sortir les parapluies sans faire fuir les manifestants.

 

À midi, sous la grande banderole « Non au délit de solidarité », une partie des hommes et des femmes s'attachent symboliquement à une cordelette verte tandis que les autres croisent leurs mains pour signifier qu'ils se rendent à la justice.

Principe d'accueil inconditionnel

Denis Blouin, un des responsables d'Emmaüs - Charlemagne, dénonce l'article L.622-1 qui prévoit que toute personne qui aurait aidé un clandestin peut être poursuivi devant les tribunaux : « On touche à des principes fondamentaux. Les statuts d'Emmaüs prévoient l'accueil inconditionnel. On ne demande pas les papiers. On accueille les gens parce qu'ils sont dehors, parce qu'ils ont faim, qu'ils ont froid. On veut garder ce principe d'accueil. Mais on n'est pas un repère de sans-papiers. »

« On est concernés »

Chez Emmaüs, les responsables comme les compagnons se sentent concernés : « Nous sommes une communauté qui oeuvre pour la solidarité. L'objectif chiffré du gouvernement, interpeller 5 500 aidants en 2011, nous a mobilisés. ! » Ils insistent : « On criminalise la solidarité. »

Le vice-président du Secours catholique, Joseph Lalaire, renchérit sur cette notion de solidarité : « L'aide est fondamentale. Lorsque nous accompagnons des pèlerins à Lourdes, nous ne leur demandons pas leurs papiers. »

Jean-Marc Bédue, porte-parole du Réseau éducation sans frontières, relate le cas d'une militante qui auditionnée par la gendarmerie suite à un certificat d'hébergement. Il lit et invite à signer la pétition nationale pour la suppression du délit de solidarité : « La fraternité ne doit plus être réprimée. Une proposition contre la loi doit être en débat le 30 avril. » Il conclut en citant le texte du comédien Bruno Solo : « Si d'aventure, notre chemin croise celui d'un homme en passe de tomber dans un gouffre, notre devoir est de lui tendre une main salvatrice... Comment qui ou quoi que ce soit oserait nous contester cette mission « sacrée » ? On me parle d'une loi ? ! Quelle loi ?... Pas une loi des hommes en tout cas [...] Cette loi ne demeurera pas, elle n'en a pas le droit. »

À Laval, hier, 150 personnes ont par leur présence soutenu l'appel du collectif.

 

Noëlle COUSINIÉ


8 Avril à Laval :

140 personnes présentes

devant le palais de

justice et bien d’autres

se sont engagés comme

« délinquants solidaires »

L’objectif national : être au

moins 5500 à se présenter

comme prisonnier volontaires,

affirmant avoir, un jour, aidé un

homme ou une femme sanspapiers

en difficulté.

Nous étions plus de 10 000 à avoir

signé cet engagement le 8 avril à midi.

5500, c’est l’objectif chiffré du

gouvernement d’interpellation

d’aidants !

Aujourd’hui, en France, la loi

punit la solidarité !

Accueillir, accompagner aider

une personne sans papier est

devenu un délit.

Toute personne qui aurait, par

aide directe ou indirecte, facilité

ou tenté de faciliter, l’entrée, la

circulation ou le séjour irréguliers

d’un étranger en France (Article

L622-1 du Code d’Entrée et de

Séjour des Etrangers) se voit

passible de 5 ans de prison et

30 000€ d’amende.

Aucune distinction n’existe entre

des réseaux de passeurs qui

prospèrent sur la détresse

humaine et les associations, ainsi

que les personnes qui agissent

par solidarité et pour le respect

des droits fondamentaux.

Aujourd’hui, alors que Besson

nie cette traque aux aidants, des

intimidations touchent dans tout

le pays aussi bien des

associations, des structures

agréées par l’Etat, leurs agents et

les bénévoles dans les missions

qu’ils assument au quotidien, que

des femmes et des hommes qui

agissent par des gestes

d’humanité pour que des

personnes dans la détresse

retrouvent leur dignité.

Parce que la France que nous

aimons est celle qui met en

avant la solidarité et la

fraternité plutôt que la peur

des étrangers, nous exigeons

que le délit de solidarité soit

supprimé de notre législation !

Plus d’infos sur :

http://www.delinquants-solidaires.org/

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