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Publié le par askatu

Actualité départementale
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lundi 01 décembre 2008
Face au sida, l'association Aides ne désarme pas


Yohan Berrouet, animateur prévention et réduction des risques, devant le stand de l'association. Deux jours avant la journée mondiale de lutte contre le sida qui se tient ce lundi 1er décembre, des Mayennais ont accepté de se faire tirer le portrait pour la bonne cause.

L'antenne lavalloise recherche des bénévoles pour la soutenir dans son combat. Samedi, elle relayait aussi la campagne nationale « Si j'étais séropositif... »

« Boiriez-vous un coup avec moi si j'étais séropositive ? » Sous la photo d'une jeune Lavalloise, cette légende interpelle les passants. Samedi, sur la place de la mairie, des bénévoles ont relayé la campagne de l'association Aides à laquelle ont participé nationalement l'humoriste Élie Semoun ou encore le rugbyman Frédéric Michalak.

 

Des Mayennais ordinaires ont ainsi accepté de se laisser tirer le portrait pour une campagne d'affichage dans les bars ou les commerces de Laval. Chacun était libre d'ajouter ensuite un petit sous-titre sur le mode « Si j'étais séropositif ». Histoire de provoquer un peu l'opinion qui reste très frileuse à l'égard de cette maladie (Lire le témoignage ci-dessous).

« Il y a une telle méconnaissance de la maladie, soupire Jacques, président de l'association Aides de Laval. Le sida, ça ne s'attrape pas en buvant dans le même verre qu'un malade ! » Avec Yohan Berrouet, animateur prévention et réduction des risques, salarié de l'association, ils se relaient pour délivrer ce message de tolérance. Mais les bras manquent pour les soutenir dans leur combat. « Nous recherchons des bénévoles », souligne Jacques.

« En 2009, je vais animer des ateliers d'écriture de slam à la maison d'arrêt autour de la prévention des risques et de l'utilisation des produits psycho-actifs », précise Yohan Berrouet. L'association Aides a aussi pour mission de sensibiliser les toxicomanes aux risques qu'ils prennent en se servant de seringues usagées. « Nous travaillons avec les pharmacies lavalloises pour distribuer du matériel propre à ceux qui nous le demandent ».

L'association Aides rappelle aussi que des dépistages du virus peuvent se faire gratuitement et anonymement à l'hôpital de Laval. Le conseil général en réalise également. En tout, près de 1 000 personnes en ont bénéficié en 2008. Sept nouveaux cas de séropositivité ont été détectés chez les adultes et deux cas de sida. Actuellement, 70 personnes sont suivies pour la maladie dans le département.

S. E.

 

Renseignements : Aides, 18, rue des Béliers, à Laval. Tél. 02 43 49 24 43.

 

lundi 01 décembre 2008

Séropositif, il souffre surtout du regard des autres

Quand il a découvert sa séropositivité, ce jeune Africain a pensé que c'était la fin. L'association Aides l'a beaucoup soutenu et aujourd'hui, il reprend goût à la vie.
« J'ai quitté l'Afrique car dans mon pays, j'étais persécuté comme opposant politique. À mon arrivée à Laval, c'était l'hiver. J'avais un problème de santé. À l'hôpital, on m'a fait des examens et c'est là que j'ai découvert ma séropositivité. (Il pleure en silence, puis reprend). Les médecins ont tout fait pour me calmer. Ils ont fait venir des psychologues. Mais je n'arrivais pas à accepter la maladie. J'ai pensé que c'était la fin... Pendant deux jours, je ne dormais pas, je ne mangeais pas. Alors les médecins ont fait venir le président et la coordinatrice de l'association Aides.

 

C'est eux qui m'ont donné beaucoup de courage. Ils m'ont réconforté et m'ont soutenu dans ma douleur. Ils ont su me convaincre de ne pas avoir peur. Ils m'ont dit que grâce aux traitements, je peux encore vivre. Avec le froid, le mal s'était aggravé. J'étais presque au stade du sida. J'avais la grippe et la tuberculose. Je faisais des crises d'épilepsie. J'avais perdu l'appétit. En Afrique, je pesais 80 kg. Je n'en faisais plus que 58. J'avais des nausées. On m'a fait prendre une trithérapie. À l'époque, le traitement était très lourd. Il y avait beaucoup d'effets indésirables.

Depuis février, je suis un traitement expérimental. Moins lourd et plus efficace. C'est un jeune médecin rennais qui me l'a prescrit. Il a fait des stages en Afrique et connaît bien la maladie. Grâce de ce médicament, je suis revenu à 75 kg. C'est vrai que j'ai des insomnies, mais j'ai repris de l'appétit. Je me sens en super forme. Ça m'arrive même d'oublier la maladie... Je vis comme tout le monde. J'ai repris goût à la vie. J'ai des tas de projets. La vie est belle ! Mais ce n'est pas pour autant que les gens doivent relâcher leur vigilance. Il faut mettre des préservatifs car cette maladie, il faut éviter qu'elle se propage. Ça peut arriver à tout le monde. Moi, je n'ai jamais trompé ma femme et je l'ai attrapée.

Aujourd'hui, ma souffrance est davantage psychologique que physique. Je ne comprends pas pourquoi on accepte les cancéreux, les diabétiques... et nous, on est toujours à l'écart (il pleure à nouveau). Je suis obligé de me cacher. Mes parents et mes amis ne sont au courant de rien. Dès que les gens apprennent que je suis malade, ils ne veulent plus s'asseoir près de moi. Ils me fixent du regard comme si j'étais sous des projecteurs. C'est ça qui me fait le plus mal aujourd'hui ».

Recueilli par

Solange ESTEVES.

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