Une centaine de supporters derrière Hervé Éon

Publié le par askatu

Une centaine de supporters derrière Hervé Éon
Dans la salle du tribunal, Hervé Éon (avec le blouson rouge) était accompagné de ses deux filles. Il y avait aussi Jean-Marc Bédue, président du Réseau éducation sans frontière (RESF 53), un des deux témoins de moralité du prévenu. Photo : Philippe RenaultDans la salle du tribunal, Hervé Éon (avec le blouson rouge) était accompagné de ses deux filles. Il y avait aussi Jean-Marc Bédue, président du Réseau éducation sans frontière (RESF 53), un des deux témoins de moralité du prévenu. Photo : Philippe Renault

Le Lavallois comparaissait hier pour délit d'offense au chef de l'État. Devant le tribunal, un chanteur et des sympathisants pour épauler le militant.

« Il passe dans tous les médias ! Le carton d'Éon est devenu très connu ! » Il est environ midi et l'ambiance est bon enfant devant le tribunal. Dans quelques minutes, Hervé Éon comparaîtra pour offense au chef de l'État. Pour l'instant, les plaisanteries vont bon train. « Il est en train de devenir une star. T'imagines, peut-être que dans cinquante ans, une rue portera son nom à Laval », lance un jeune homme.

Plus loin, on exhibe des autocollants « casse toi pov'con. Sarkozy l'a dit mais ne le répétez pas » ou des panneaux. Kaar Kaas Sonn, artiste Mayennais, entonne sa chanson éponyme, écrite après l'épisode du salon de l'agriculture. « L'affaire Hervé Éon est un peu une aubaine. Il y a déjà eu plus de 10 000 téléchargements de mon titre sur Internet. » En riant, on entonne le refrain. « C'est devenu un symbole ! »

Symbolique, cette affaire l'est en tout cas pour ces militants. « La veille de la venue du président, une famille de sans-papier a été expulsée à Laval. Cette pancarte, on avait tous un peu envie de la brandir », explique Jean-Marc Bédue, président de Réseau éducation sans frontières 53 et témoin d'Hervé Éon. Derrière l'aspect comique, on n'hésite pas à parler privation des libertés d'expression.

« Je ne suis pas un voyou »

Avant d'entrer dans le tribunal, Hervé Éon tient à remercier ses supporters. « Je ne suis pas un voyou mais un militant, scande le Lavallois. Ce message n'était pas destiné à Nicolas Sarkozy. Il fallait le prendre au 1er... euh pardon, au second degré. » Hervé Éon évoque la possibilité de créer une association pour les militants inquiétés par les tribunaux. Il espère être relaxé.

Une heure plus tard, son affaire est mise en délibéré. Hervé Eon connaîtra son sort dans 15 jours, le 6 novembre. Il sort alors sous les applaudissements. Aussitôt des discours s'improvisent. Lui promet qu'il fera appel s'il est condamné même symboliquement. Le sénateur Mélanchon, lui-aussi témoin à la barre, lance cette boutade: « Tous les citoyens devraient faire un carton et le brandir. À partir de quelle distance du président est-ce considéré comme une insulte ? Cette distance, on pourrait l'appeler la mesure Éon. »

Raphaëlle REMANDE.


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Ouest-France

Il risque 1 000 € pour offense à Nicolas Sarkozy
Une centaine de militants et de membres d'associations soutiennent et applaudissent Hervé Éon (à gauche), hier, à la sortie du tribunal. Photo : Philippe RenaultUne centaine de militants et de membres d'associations soutiennent et applaudissent Hervé Éon (à gauche), hier, à la sortie du tribunal. Photo : Philippe Renault

Hervé Éon comparaissait, hier, à Laval, pour offense au chef de l'État. Lors de son passage, il avait brandi une pancarte « Casse-toi pov' con ».

Peut-on traiter le chef de l'État de « pov' con » ? La question était abordée, hier, par le tribunal de grande instance de Laval. Et amplifiée à l'extérieur par une petite centaine de personnes, militants de gauche et membres d'associations, tous là pour soutenir l'un des leurs, Hervé Éon.

Le 28août, ce militant hyperactif (anti-OGM, antinucléaire, pour les sans-papiers) se rend à une manifestation organisée contre Nicolas Sarkozy, de passage à Laval. Sous sa veste,Hervé Éon glisse un carton sur lequel est écrite la célèbre répartie présidentielle (1).

Comme il circule à vélo au passage du cortège présidentiel, deux policiers l'interpellent. Il brandit alors la pancarte. « Et on me poursuit pour ça ?, s'étonne Hervé Éon. Si le président la prend pour lui, cela lui rappelle qu'on ne parle pas comme ça à un citoyen. »

« La gouaille du peuple gaulois »

Le sénateur Jean-Luc Mélenchon est appelé à la barre comme témoin. Il préside l'association Pour la République sociale (PRS), dont Hervé Éon est membre. « Il n'y a pas d'intention d'offenser la fonction de Président de la République. Cela participe de la gouaille du peuple gaulois. »

Mais, dans l'enceinte du tribunal, pas question de prendre la chose à la rigolade. Pour le procureur, Alex Perrin, « on n'est pas dans la nécessaire opinion mais dans l'insulte ». Il rappelle la loi sur la presse et la communication de 1981, qui réprime le délit d'offense au chef de l'État. Et demande une peine d'amende de 1 000 €.

Pour l'avocate, Dominique Noguères, « on est en train de réprimer l'expression militante ». S'adressant au tribunal : « La décision que vous allez rendre est importante. Il ne faudrait pas qu'elle fasse jurisprudence. » Elle demande la relaxe. Le tribunal rendra son jugement le 6novembre prochain.

Jean-François VALLÉE.


(1) Selon une vidéo largement diffusée sur internet, Nicolas Sarkozy avait lancé « Casse-toi, pauvre con » à un visiteur du Salon de l'agriculture. Ce dernier avait refusé de lui serrer la main.

AFFICHETTE ANTI-SARKOZY
"Casse-toi pov'con" : jugement en délibéré au 6/11
NOUVELOBS.COM | 24.10.2008 | 08:33

Le tribunal correctionnel de Laval a mis en délibéré au 6 novembre son jugement dans l'affaire d'un homme poursuivi pour offense au chef de l'Etat, pour avoir brandi en août une affichette portant la mention "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy (Sipa).

Nicolas Sarkozy (Sipa).

Le tribunal correctionnel de Laval a mis en délibéré au 6 novembre, ce jeudi 23 octobre, son jugement dans l'affaire d'un homme poursuivi pour "offense au chef de l'Etat", pour avoir brandi en août une affichette portant la mention "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy.
Le parquet a requis 1.000 euros d'amende à l'encontre d'Hervé Eon, un chômeur de 56 ans, ancien conseiller général PS à Laval.
Le procureur de la République de Laval, Alex Perrin, a estimé que "lorsqu'on insulte le président, on insulte l'institution". "La défense de la République et de la démocratie, c'est réagir et ne pas laisser passer des offenses à la République et à la démocratie", a-t-il ajouté dans son réquisitoire.
L'avocate de Hervé Eon, Me Dominique Noguères, a cependant estimé qu'il n'y avait "pas de base juridique" pour accuser son client. "Le délit d'offense n'est pas constitué", a-t-elle assuré, avant de plaider la relaxe.

"Surenchère monarchique"

"Je ne suis pas un voyou, je n'injurie personne", a estimé le prévenu, indiquant que "la citation était destinée à celui qui voulait bien le prendre pour lui".
Le sénateur PS de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon, qui préside l'association Pour la République sociale (PRS) dont Hervé Eon est membre, a également été entendu en tant que témoin de moralité du prévenu.
"Tout cela est consternant. (...) Il faut éviter la jurisprudence Eon qui veut que dès que quelqu'un brandit une pancarte 'Casse-toi pov'con', il soit poursuivi par le président de la République. Tout cela ridiculise la fonction présidentielle", a-t-il estimé, dénonçant une "surenchère monarchique".
Il a noté que "le nombre de délits d'outrage ou d'offense au Président de la République augmente". "C'est totalement absurde. Jamais Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac n'y ont eu recours", a-t-il assuré.

Incident au Salon de l'Agriculture

Pendant l'audience, le président du tribunal avait cependant rappelé qu'il n'y avait "pas de plaignant dans cette affaire", le parquet de Laval ayant engagé des poursuites contre Hervé Eon de sa propre initiative.
Egalement militant de RESF (Réseau éducation sans frontière) et proche des mouvements altermondialistes, Hervé Eon a été interpellé le 28 août par deux policiers en civil alors qu'il roulait à vélo près du boulevard où la voiture présidentielle s'apprêtait à passer.
Au passage de la limousine, il avait réussi à sortir sa pancarte qu'il voulait initialement brandir lors d'une manifestation en faveur des sans-papiers prévue en marge de la visite de Nicolas Sarkozy.
Selon une vidéo diffusée sur internet, le chef de l'Etat avait eu un échange houleux lors du Salon de l'agriculture en février avec un visiteur qui lui avait lancé "ah non touche moi pas" en refusant de lui serrer la main. Le président lui avait répondu: "Casse-toi pauvre con".

La vidéo de l'altercation au Salon de l'agriculture :

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Publié dans infos general

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M
Ouais, alors monsieur va au salon de l'agriculture et injurie des personnes, mais lui n'a rien !Tandis que si quelqu'un l'injurie oulàlà !en fait, ce qu'il faudrait, c'est que chaque personne injuriée par le chef de l'état puisse être entendu et porter plainte pour outrage à personne humaine.je rêve...non non j'ai pas fumé pourquoi ?muxu
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